Symbolic illustration of a trade and climate deal between the European Union and Mercosur, showing crowds walking on a golden path between a star-covered Europe and a green, leafy Earth, with shaking hands in the center and regional maps on both sides.

L’accord UE-Mercosur : un retard d’un quart de siècle et le prix du sable mouvant institutionnel

Sans réformes fondamentales qui l'amènent plus près de ce modèle fédéral, l'Union européenne restera exposée au risque de manquer des opportunités stratégiques, de réagir trop lentement aux changements géopolitiques, et de céder de l'influence à des rivaux mondiaux plus agiles et déterminés. L'histoire de l'accord UE-Mercosur doit donc être perçue comme un avertissement : dans un monde qui n'attend pas, la paralysie institutionnelle constitue une menace directe pour la prospérité et la sécurité à long terme de l'Europe.

L’accord UE-Mercosur : un retard d’un quart de siècle et le prix du sable mouvant institutionnel

Si une « Europe fédérale » plus agile et unifiée, avec un vote à la majorité sur la politique étrangère et commerciale, avait existé, un accord aurait pu être conclu dès 2015. L’incapacité de l’UE à agir avec détermination trouve ses racines dans son déficit structurel — la doctrine de la « souveraineté partagée » et l’exigence persistante de l’unanimité qui permet aux préoccupations politiques nationales d’un seul État membre (comme celles des agriculteurs français) de paralyser les initiatives stratégiques pour l’ensemble du bloc.

L’UE a manqué l’occasion de consolider sa position mondiale principale dans la région Mercosur avant que la Chine ne devienne le premier partenaire commercial du bloc et une source dominante de financement. Ce délaissement diplomatique et cette lenteur ont considérablement réduit la valeur stratégique de l’accord au moment où il a été politiquement conclu.

Un accord conclu en 2015 aurait apporté des avantages préventifs significatifs à l’UE :

  • Primauté stratégique : Cela aurait renforcé l’influence de l’UE, lui permettant d’agir depuis une position de domination et de contrer efficacement la montée économique rapide de la Chine dans la région.
  • Sécurité des ressources : Cela aurait offert à l’UE un accès plus sûr et plus rapide aux matières premières critiques essentielles aux transitions verte et numérique, telles que 25 des 34 matières premières critiques désignées présentes en Amérique latine.
  • Diversification des chaînes d’approvisionnement : L’UE aurait pu prendre de l’avance dans la réduction des risques liés à ses chaînes d’approvisionnement, en sécurisant des ressources comme le lithium (crucial pour les batteries des véhicules électriques) et potentiellement de nouvelles sources d’énergie comme le gaz naturel liquéfié (GNL) provenant des champs de Vaca Muerta en Argentine, tout en renforçant sa quête d’autonomie stratégique.

L’histoire UE-Mercosur est un avertissement : la conception institutionnelle, caractérisée par un consensus intergouvernemental lent, constitue une menace directe pour la capacité de l’Europe à agir rapidement et avec détermination dans un paysage mondial compétitif.

1. L’accord de partenariat UE-Mercosur

L’accord de partenariat entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) représente l’aboutissement de vingt-cinq années de négociations complexes. Si ratifié, il créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, reliant plus de 718 millions de personnes et établissant un marché qui représente près de 25 % du PIB mondial. Né d’un processus diplomatique long et souvent difficile, cet accord vise à démanteler les barrières commerciales, à favoriser l’intégration économique et à forger une alliance stratégique entre deux grands blocs mondiaux. Sa forme finale reflète cependant un équilibre délicat entre intérêts concurrents, exigences actualisées en matière de durabilité et pressions d’un paysage géopolitique en rapide évolution.

1.1. Le parcours de négociation de 25 ans : une chronologie détaillée  

Le chemin vers l’accord UE-Mercosur a été long et marqué par des priorités politiques changeantes et des vents économiques contraires. Cette chronologie étendue souligne les complexités inhérentes à la négociation d’un accord global entre deux blocs divers et intérieurement divisés.

  • 1995 : Conception initiale. Les bases de l’accord actuel ont été posées avec la signature de l’Accord cadre de coopération interrégionale, entré en vigueur en 1999 et conçu comme une étape vers une pleine association bi-régionale.
  • 28 juin 2019 : Premier accord politique. Après près de deux décennies de discussions, les négociateurs ont atteint un accord politique sur le texte du pilier commercial, marquant une avancée significative.
  • mars 2023 : Relance des négociations. Le processus a été relancé pour répondre aux nouvelles exigences des deux parties. L’UE a recherché des engagements de durabilité plus forts et plus contraignants, en particulier concernant le changement climatique et la déforestation, tandis que le Mercosur a revendiqué une plus grande marge de manœuvre pour son développement industriel.
  • 6 décembre 2024 : Accord politique final. Après des négociations intensives, l’UE et les quatre membres fondateurs du Mercosur ont conclu un second accord politique actualisé sur le pilier commercial.
  • Chemin vers la mise en œuvre. L’accord n’est pas encore en vigueur. Il doit encore franchir une série d’obstacles procéduraux critiques, notamment une signature finale, le consentement du Parlement européen (PE), et un processus complexe d’adoption et de ratification qui peut impliquer les parlements des 27 États membres de l’UE.

Ce retard agonisant d’un quart de siècle ne provient pas d’un manque d’intérêts mutuels, mais d’un conflit récurrent entre un protectionnisme domestique irréconciliable, une rigidité institutionnelle profonde, et des changements géopolitiques volatils.

L’impasse initiale : le protectionnisme l’emporte (1999–2016)

Le premier et plus persistant obstacle était le décalage économique fondamental entre les deux blocs, créant un affrontement perpétuel « voitures contre bœufs ». L’échec central concernait l’accès au marché agricole.

Les négociations initiales ont été arrêtées en 2004 en raison d’un « décalage total du niveau d’ambition pour la libéralisation du commerce agricole ». Les pays du Mercosur, en particulier l’Argentine et le Brésil, insistaient pour obtenir un accès pour leurs produits agricoles hautement compétitifs, ce qui a rencontré une résistance forte et unifiée des puissantes associations de producteurs agricoles européens. Ces intérêts défensifs, menés principalement par des pays comme la France, l’Autriche et la Pologne, ont bloqué les progrès pendant des années.

Les négociations ont stagné durant une période de « désintérêt mutuel » entre 2004 et 2009. Même lorsque les négociations ont formellement repris en 2010, elles se sont de nouveau arrêtées en 2012 en raison de la volatilité politique interne au Mercosur. Pendant ce temps, les gouvernements de centre-gauche du Brésil et de l’Argentine ont mis en œuvre une « coopération Sud-Sud » portée par des gains massifs sur les matières premières, et ont privilégié des politiques industrielles protectionnistes plutôt qu’un accord de libre-échange avec l’UE. L’Argentine, notamment, a adopté des mesures protectionnistes fortes et a initialement résisté à la libéralisation.

Le Blocus Moderne : Déficits Environnementaux et Démocratiques (2019–2024)

Après la reprise en 2016 et la conclusion rapide de l’« accord de principe » de juin 2019, le processus de ratification a rencontré un nouveau blocage, politiquement sensible : la durabilité.

Le retard de cinq ans suivant (2019–2024), connu sous le nom de « Gel amazonien », est devenu la période la plus coûteuse sur le plan géopolitique. La ratification s’est immédiatement arrêtée en raison d’une opposition intense au sein de l’UE, provoquée par les préoccupations mondiales croissantes concernant les taux de déforestation au Brésil sous l’administration Bolsonaro. L’UE a insisté pour renforcer le chapitre Commerce et Développement Durable (CDD) et a exigé le respect de l’Accord de Paris comme élément fondamental. Le Mercosur, en retour, a estimé que l’adoption unilatérale par l’UE de mesures de durabilité subséquentes, comme le Règlement sur les produits sans déforestation (EUDR), minait les bénéfices commerciaux initiaux qui leur avaient été promis.

Obstacles Institutionnels et Procéduraux

Au-delà des aspects économiques et environnementaux, une fragilité institutionnelle persistante des deux côtés a ralenti le processus jusqu’à l’immobilisme, garantissant que même les différends mineurs provoquaient des années d’inertie.

1. Fragilité interne du Mercosur : L’organisation est un « bloc commercial fracturé », basé uniquement sur des dynamiques intergouvernementales où toutes les décisions majeures nécessitent un consensus entre les présidents nationaux. Cela signifie que les gouvernements argentins et brésiliens changeants adoptaient souvent des « positions politiques incompatibles », rendant le consensus au sein du Mercosur difficile. Les antécédents de « mise en œuvre déficiente » ont encore affaibli la confiance dans la capacité du Mercosur à respecter des engagements à long terme.

2. Manque de transparence : Le processus de négociation, s’étalant sur plus de deux décennies, a été constamment caractérisé par « secret, opacité et absence de contrôle démocratique ». Les critiques, y compris les syndicats et les organisations de la société civile, dénonçaient à plusieurs reprises leur mise à l’écart, tandis que le lobby corporatif exerçait souvent une influence excessive, allant jusqu’à finaliser certains chapitres spécifiques (comme les règles d’origine pour le textile). Cette opacité a persisté en 2023 et 2024, alimentant l’opposition publique et la défiance démocratique.

3. Le labyrinthe complexe de la ratification : L’EUMPA est désigné comme un « accord mixte », couvrant à la fois des compétences exclusives de l’UE (commerce) et des compétences partagées (politique, coopération, et parties du chapitre TSD). Cette désignation nécessite une approbation unanime du Conseil (pour l’accord global) et la ratification par tous les parlements nationaux des 27 États membres. Cette multitude de points de veto crée de fortes frictions institutionnelles et rend « les longs délais… un défi fréquent dans les accords commerciaux ». L’expérience longue avec l’Accord économique et commercial global (AECG) entre l’UE et le Canada, qui a pris environ neuf ans pour être entièrement ratifié, a servi d’avertissement clair quant au potentiel de retards indéfinis.

En résumé, les négociations ont été longues car chaque compromis atteint était contesté par une nouvelle objection politique ou environnementale, forçant le processus dans un cycle permanent de révision technique et de renégociation politique.

1.2. Composantes principales de l’accord : Une répartition sectorielle  

Le cœur commercial de l’accord est la libéralisation réciproque du commerce des biens et services, conçue pour libérer un potentiel économique significatif en supprimant les tarifs et les barrières non tarifaires.

Biens industriels L’accord supprimera les droits d’importation du Mercosur sur 91 % des importations en provenance de l’UE. Cela représentera un coup de pouce significatif pour les exportateurs européens, qui font actuellement face à des tarifs élevés. Les principales libéralisations comprennent :

  • Automobiles : Des tarifs allant jusqu’à 35 % seront supprimés.
  • Machines : Des tarifs variant de 14 à 20 % seront éliminés.
  • Produits chimiques : Des tarifs pouvant atteindre 18 % seront progressivement supprimés.
  • Produits pharmaceutiques : Des tarifs allant jusqu’à 14 % seront supprimés.

Produits agricoles Pour les exportations les plus compétitives du Mercosur, l’accord instaure un système de contingents tarifaires (TRQ), qui accordent un accès préférentiel ou exempt de droits pour des quantités spécifiées de produits sensibles. Ce système est conçu pour ouvrir le marché de l’UE tout en protégeant les agriculteurs européens d’un afflux non régulé d’importations. Il est essentiel de noter que ces quotas reflètent en grande partie les volumes commerciaux existants mais représentent un accès formalisé et garanti au marché de l’UE. Les quotas clés incluent :

  • Boeuf : 99 000 tonnes avec un tarif bas de 7,5 %.
  • Volaille : 180 000 tonnes, échelonnées sur cinq ans.
  • Sucre : Un quota préexistant de 180 000 tonnes pour le Brésil deviendra exempt de droits pour les besoins du raffinage.
  • Éthanol : Un quota exempt de droits de 450 000 tonnes pour l’industrie chimique et un quota à droits réduits de 200 000 tonnes pour d’autres usages seront ouverts.

Indications géographiques (IG) L’accord offrira une protection juridique à 344 produits alimentaires et boissons européens distincts, tels que le Champagne et le jambon de Parme, contre les imitations sur les marchés du Mercosur. Cette mesure permet aux producteurs européens de renforcer leur identité de marque et leur position sur le marché.

Services et marchés publics Le pacte vise à ouvrir les marchés des marchés publics gouvernementaux du Mercosur aux entreprises de l’UE et à libéraliser le secteur des services. Pour les opérateurs de l’UE, cela crée un avantage de « premier arrivé », car le Mercosur n’a pas encore conclu d’accord similaire avec un autre partenaire commercial majeur.

1.3. Dispositions réglementaires et de durabilité.

En réponse à une forte pression de la société civile et de plusieurs États membres de l’UE, l’accord de 2024 intègre des dispositions réglementaires et de durabilité renforcées de manière significative.

  • Commerce et développement durable (CDD) : Le chapitre CDD contient des engagements à respecter les normes multilatérales du travail et environnementales. Pour la première fois dans un accord de libre-échange (ALE) de l’UE, l’Accord de Paris sur le changement climatique est désigné comme un « élément essentiel ». Cette classification cruciale fournit une base juridique pour suspendre les concessions commerciales si une partie est reconnue en non-conformité avec ses engagements climatiques. Cependant, la formulation de cette clause est plus faible que dans les accords de l’UE avec le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, ne s’appliquant que si une partie se retire formellement de l’Accord de Paris.
  • Déforestation et droits du travail : L’accord inclut des engagements spécifiques pour lutter contre la déforestation et respecter les normes fondamentales du travail telles que définies par l’Organisation internationale du travail (OIT). Une annexe du chapitre CDD précise que chaque partie « devra mettre en œuvre des mesures… pour prévenir toute déforestation supplémentaire. »
  • Mécanisme de Réclamation pour Non-Violation : Une nouveauté controversée a été incluse, sujette à des interprétations très divergentes. Les responsables de l’UE considèrent cette clause comme basée sur le modèle standard de non-violation de l’OMC, permettant à une partie de réclamer qu’une mesure, bien qu’elle ne viole pas techniquement l’accord, annule ou compromet néanmoins les bénéfices attendus. À l’inverse, les négociateurs du Mercosur la perçoivent comme un « mécanisme de rééquilibrage ». Une fiche d’information du gouvernement brésilien précise explicitement que ce mécanisme permet l’arbitrage et la compensation si de futures mesures unilatérales de l’UE, telles que le Règlement UE sur la déforestation (EUDR), « perturbent l’équilibre » des concessions négociées. Cela crée une voie potentielle pour le Mercosur afin de contester la mise en œuvre des régulations environnementales de l’UE et d’exiger un accès supplémentaire au marché en compensation.

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2. Analyse des Bénéfices Mutuels  

2.1. Gains Projetés pour l’Union Européenne  

Pour l’Union Européenne, l’accord représente une opportunité importante d’élargir son empreinte économique dans un marché historiquement protégé mais à fort potentiel.

  • Économies sur les droits de douane : Le bénéfice le plus immédiat et quantifiable est la suppression des droits de douane, qui devrait permettre aux entreprises de l’UE d’économiser environ 4 milliards d’euros annuellement, un montant quatre fois supérieur aux économies issues de l’ALE UE-Japon.
  • Accès au marché amélioré : Les exportateurs européens bénéficieront d’un accès préférentiel dans plusieurs secteurs. Cela est particulièrement avantageux pour les biens industriels à forte valeur ajoutée, tels que les véhicules et les machines, ainsi que dans les secteurs des services et des marchés publics, où les entreprises européennes disposent d’un avantage concurrentiel important.
  • Protection de la propriété intellectuelle : La protection juridique de 344 indications géographiques européennes préservera les produits agricoles de grande valeur contre la contrefaçon, permettant ainsi aux producteurs européens de renforcer la valeur de leur marque et d’obtenir des prix premium.
  • Avantage du premier entrant : En concluant le premier accord commercial majeur avec le bloc Mercosur, les opérateurs européens obtiennent une avance stratégique sur leurs concurrents mondiaux pour accéder à un marché de plus de 270 millions de consommateurs.

2.2. Gains projetés pour Mercosur

Pour le bloc Mercosur, l’accord constitue une voie essentielle pour moderniser ses économies, attirer des investissements et garantir un accès stable à l’un des plus grands et précieux marchés consommateurs au monde.

  • Exportations agricoles : L’accord officialise et garantit un accès préférentiel pour les principaux produits agricoles de Mercosur, notamment le bœuf, la volaille et le sucre. Bien que les quotas soient modestes par rapport aux volumes totaux des échanges, ils offrent prévisibilité et cadre stable pour les industries clés à l’export.
  • Croissance économique et bien-être : Les modèles économiques prévoient des avantages macroéconomiques concrets pour l’ensemble du bloc, l’accord étant estimé augmenter le PIB global de Mercosur de 0,3% et le bien-être de 0,2%. Il convient toutefois de noter que ces gains ne seront pas répartis uniformément ; le Paraguay, par exemple, devrait connaître une légère baisse du PIB (-0,1%) et du bien-être (-0,2%).
  • Impact positif sur le marché du travail : L’accord devrait entraîner des augmentations réelles des salaires tant pour les travailleurs qualifiés (0,3%) que pour les travailleurs non qualifiés (0,4%) dans les pays du Mercosur.
  • Investissement et intégration mondiale : En s’alignant sur les normes de l’UE et en ouvrant ses marchés, le Mercosur devrait devenir une destination plus attractive pour les investissements directs étrangers (IDE), facilitant ainsi une intégration plus profonde de ses économies dans les chaînes de valeur mondiales.

Ces bénéfices économiques projetés ne racontent cependant qu’une partie de l’histoire. Le contexte géopolitique plus large a transformé cette négociation commerciale en un impératif stratégiquement crucial pour les deux parties.

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3. L’impératif géopolitique et stratégique  

3.1. La quête d’autonomie stratégique de l’UE  

Pour l’Union européenne, l’accord est une pierre angulaire de son ambition d’atteindre l’autonomie stratégique — la capacité d’agir de manière indépendante sur la scène mondiale en réduisant les dépendances critiques vis-à-vis de partenaires potentiellement peu fiables.

  • Diversification des chaînes d’approvisionnement : L’accord est au cœur de la stratégie de l’UE pour réduire les risques liés à ses chaînes d’approvisionnement, en particulier pour les matériaux essentiels à ses transitions écologique et numérique. Cela s’aligne directement avec les objectifs des principales stratégies de l’UE telles que le Global Gateway et la Critical Raw Materials Act (CRMA). L’Amérique latine est une source vitale pour 25 des 34 matières premières critiques (MPC) désignées par l’UE.
  • Sécurisation des minéraux critiques : L’accès au « triangle du lithium » (Argentine, Bolivie et Chili) et aux vastes réserves de cuivre du Chili et du Pérou est indispensable à la production de batteries pour véhicules électriques et technologies d’énergie renouvelable. La demande de lithium de l’UE devrait à elle seule augmenter de 21 fois d’ici 2050.
  • Nouvelles sources d’énergie : L’accord pourrait ouvrir de nouveaux partenariats énergétiques, comme la sécurisation de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant des vastes gisements de gaz de schiste Vaca Muerta en Argentine, diversifiant ainsi davantage l’UE par rapport à ses fournisseurs historiques d’énergie.

3.2. L’effort du Mercosur pour la diversification du marché

Pour les pays du Mercosur, la raison stratégique est tout aussi convaincante, motivée par la nécessité d’assurer un accès à un marché stable et à forte valeur ajoutée et de contrebalancer une dépendance croissante excessive à un seul partenaire économique.

  • Contrer la dépendance à la Chine : Un moteur principal pour le Mercosur est d’atténuer sa dépendance économique de plus en plus asymétrique vis-à-vis de la Chine. Au cours des deux dernières décennies, la Chine est devenue le principal partenaire commercial du bloc et une source dominante d’investissements et de financements. L’accord avec l’UE offre une alternative puissante, permettant aux nations du Mercosur de diversifier leurs partenariats internationaux et de réduire leur vulnérabilité à l’influence économique et politique d’une puissance mondiale unique.
  • Sécuriser un marché clé : L’accord garantit un accès préférentiel au vaste et prévisible marché de l’UE, offrant une destination stable pour les principales exportations du Mercosur et favorisant une sécurité économique à long terme.

Si les justifications stratégiques de l’accord sont claires, elles sont assorties de controverses importantes et de risques géopolitiques qui remettent en cause sa viabilité à long terme et sa valeur ultime.

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4. Un pacte controversé : perception publique et dangers géopolitiques  

4.1. Perspectives opposées : opposition des parties prenantes dans l’UE et le Mercosur  

L’accord a révélé des divisions profondes au sein des deux blocs, opposant de puissants groupes d’intérêts nationaux les uns aux autres.

Préoccupations au sein de l’Union européennePréoccupations au sein du bloc Mercosur
Secteur agricole : Les syndicats d’agriculteurs, notamment en France, en Pologne et en Irlande, ont exprimé une forte opposition. Ils craignent d’être contraints à une concurrence déloyale avec les importations agricoles du Mercosur, telles que le bœuf et la volaille, qui sont produits selon des normes environnementales, de bien-être animal et de travail différentes et souvent moins strictes.Secteur industriel : Des industries clés, notamment les secteurs automobiles en Argentine et au Brésil, ont exprimé de graves inquiétudes quant à leur capacité à rivaliser avec les importations libéralisées de produits manufacturés de l’UE. Une étude d’impact a estimé que l’accord pourrait mettre 32 000 emplois en danger rien que dans le secteur automobile argentin.
Groupes environnementaux et de défense des droits de l’homme : Les ONG et les organisations de la société civile soutiennent que l’accord accélérera la déforestation en Amazonie et dans d’autres écosystèmes vitaux. Ils affirment que la demande accrue de l’UE pour le bœuf et le soja entraînera l’expansion de l’élevage bovin et de l’agriculture industrielle, mettant en danger l’environnement et les droits des communautés autochtones.Syndicats : Dans une déclaration commune, la Confédération européenne des syndicats (CES) et le Coordinateur des syndicats du Cône Sud (CCSCS) ont rejeté l’accord « tel quel », citant l’absence de mécanismes efficaces pour protéger les droits des travailleurs et préserver des emplois décents face à une concurrence internationale accrue.

4.2. Une évaluation concluante : un accord arrivé trop tard dans un monde changé  

Une analyse critique suggère que la valeur stratégique de l’accord pour l’UE est gravement réduite par son calendrier, car il tente de sécuriser une position dans une région dont le paysage géopolitique et économique a déjà été remodelé par d’autres puissances mondiales.


Argument 1 : Un marché déjà conquis L’UE arrive en retard sur un marché désormais fortement influencé par des concurrents stratégiques. Au cours des deux dernières décennies, la Chine est devenue le principal partenaire commercial du Mercosur ainsi qu’une source majeure de financement et d’investissements directs étrangers. Durant cette même période, la part de l’UE dans le commerce avec le bloc a diminué de façon continue. Ce changement a été exacerbé par une période de négligence diplomatique, illustrée par un intervalle de huit ans sans sommets UE-Amérique latine entre 2015 et 2023. Lorsque l’UE s’est réengagée, la Chine avait déjà consolidé sa domination économique dans la région.

Le vide diplomatique : pourquoi l’UE a gaspillé huit ans en Amérique latine

La pause de huit ans dans les sommets UE-Amérique latine et Caraïbes (ALC), s’étendant de 2015 à 2023, constitue l’un des échecs stratégiques les plus importants de la politique étrangère européenne récente. Ce vide diplomatique n’était pas un accident, mais la conséquence de politiques étrangères durablement négligentes et d’une fatigue structurelle profonde du côté européen. En somme, l’UE a ignoré l’Amérique latine trop longtemps.

Dérive stratégique et paralysie décisionnelle

Les analystes attribuent directement la perte de la position traditionnelle de l’UE en Amérique latine à cette période de négligence stratégique. Pour l’UE, l’Amérique latine n’avait ‘pas traditionnellement été une priorité’ de la politique extérieure comparée à l’Afrique du Nord voisine, à l’Indo-Pacifique ou à l’Europe du Sud-Est. Ce manque prolongé de priorité signifiait que l’UE avait en fait ‘manqué l’occasion d’organiser un sommet avec la région pendant plus de huit ans, de 2015 à 2023’.

Cette dérive diplomatique a été aggravée par des problèmes internes européens qui ont étouffé l’engagement de haut niveau. Cette période coïncidait avec une ‘méfiance croissante intérieure à l’égard des accords de libre-échange traditionnels’ au sein de l’UE, rendant presque impossible la conclusion de grandes initiatives comme l’Accord de Partenariat UE-Mercosur (EUMPA). Les négociations bloquées pour l’EUMPA, entamées en 1999 et marquées par des difficultés politiques, ont réduit la portée d’un sommet interrégional majeur, car l’UE ne pouvait pas tenir la promesse d’un accord commercial d’envergure.

De plus, le calendrier diplomatique était souvent dicté par les changements politiques internes du Mercosur. Au cours de la décennie précédant la reprise de 2023, de nombreux gouvernements latino-américains, confrontés à un boom des matières premières et s’alignant sur ‘l’agenda de coopération sud-sud,’ privilégiaient souvent d’autres objectifs, contribuant à ce que l’on perçoit comme un ‘vide institutionnel’ (vaciamiento latinoamericano) au sein des organismes régionaux, ce qui réduisait encore davantage l’incitation à l’engagement de l’UE.

Le coût de l’absence : Érosion de la crédibilité

Le vide diplomatique de huit ans a causé des dommages mesurables au soft power et au rayonnement mondial de l’UE. Cette absence a permis à des rivaux systémiques de consolider leur influence, notamment la Chine, qui avait déjà dépassé l’UE en tant que principal partenaire commercial du Mercosur vers 2015. La Chine a rapidement comblé ce vide en élargissant son influence économique et politique.

Le coût politique total de cette négligence est devenu particulièrement évident durant la pandémie de COVID-19 (2020-2022), période correspondant entièrement à l’interruption des sommets. Alors que la Chine et la Russie ont été des fournisseurs précoces de vaccins aux pays d’Amérique latine et des Caraïbes (LAC), l’UE ‘a pris du retard par rapport à la Chine (et aux États-Unis) en matière de dons de vaccins,’ un échec de solidarité qui a gravement ‘endommagé sa réputation et sa crédibilité aux yeux des pays du Sud global’.

Cette longue négligence a nécessité un changement de stratégie radical. Il a fallu le choc sismique de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et la prise de conscience de l’urgence pour l’UE de diversifier ses chaînes d’approvisionnement et de sécuriser les Matières Premières Critiques (MPC) pour finalement obliger l’UE à intensifier ses efforts et adopter une nouvelle feuille de route pour les relations UE-LAC en juin 2023. Le sommet subséquent des dirigeants UE-CELAC à Bruxelles en juillet 2023 a officiellement mis fin à cette longue interruption.


Argument 2 : Le risque d’une entrée « par la porte dérobée » L’accord présente une vulnérabilité critique dans le dispositif de sécurité économique de l’UE à travers le risque de déviation commerciale. Il s’agit d’un scénario dans lequel des marchandises provenant d’un pays tiers, comme la Chine, pourraient être transformées de manière minimale dans un pays du Mercosur afin de contourner les tarifs douaniers de l’UE et d’accéder préférentiellement au marché européen. Bien que l’accord inclue des protocoles sur les Règles d’Origine (RoO) destinés à empêcher cela, le danger persiste que ces règles puissent être contournées ou exploitées. Cela pourrait permettre à un concurrent stratégique de tirer parti de l’accord, transformant un pacte conçu pour étendre l’influence en une « porte dérobée » qui fragilise la base industrielle de l’UE elle-même.

L’Accord de partenariat UE-Mercosur (EUMPA) a été créé en partie comme une garantie institutionnelle contre la fragmentation économique, visant à établir des liens commerciaux solides et à définir des normes strictes sur les produits échangés entre l’UE et le Mercosur. Cependant, cette logique défensive est affaiblie par les complexités techniques et les failles inhérentes aux règles d’origine de l’accord, qui fonctionnent parfois comme des canaux de déviation commerciale par des pays non partenaires. La déviation commerciale se produit lorsque des producteurs externes à l’accord exploitent les tarifs réduits en utilisant le bloc préférentiel pour une transformation minimale avant de réexporter les produits vers l’UE en tant que marchandises d’origine, obtenant ainsi un accès au marché en franchise de droits.

Cette préoccupation va au-delà de la menace géopolitique visible que posent les véhicules électriques chinois. Le risque sous-jacent est systémique et affecte des secteurs entiers, notamment le textile, l’habillement et la chaussure—des industries historiquement protégées au Mercosur par des droits de douane pouvant atteindre 35 %. Les entreprises européennes, présentes dans ces secteurs, pourraient de plus en plus importer des biens intermédiaires bon marché d’Asie (Chine, Vietnam, etc.) et n’effectuer qu’une transformation limitée au Mercosur pour bénéficier d’un accès sans droits à l’UE. Un tel comportement contourne le rôle protecteur prévu par l’accord, facilitant ainsi une concurrence indirecte de pays tiers sur les marchés européens.

Les mécanismes de contournement s’opèrent principalement par trois voies :

  1. Pilier de localisation industrielle :
    Pour les biens automobiles, l’EUMPA exige une valeur régionale de contenu de 55 % pour que les véhicules soient considérés comme originaires du Mercosur. Bien que la conformité soit coûteuse et complexe à établir, elle est réalisable si les entreprises étrangères effectuent des investissements importants dans l’industrialisation régionale. Par exemple, les fabricants chinois de véhicules électriques pourraient localiser les composants coûteux essentiels tels que les cellules de batterie au sein du Mercosur, qui représentent actuellement une grande part de la valeur du véhicule et sont principalement approvisionnées en Asie. Grâce à cet engagement légal mais stratégique, les fabricants contournent les barrières traditionnelles et obtiennent un accès total sans droit de douane à l’UE, même si la valeur substantielle provient d’une source hors de l’un ou l’autre bloc.
  2. Exploitation de la conception des règles – ‘Double transformation’ :
    Dans le secteur du textile et de l’habillement, les règles d’origine (RoO) de l’UE permettent généralement la « double transformation ». Cette règle autorise l’importation de fils d’origine asiatique dans le Mercosur, leur transformation en deux étapes principales (filage et tissage/assemblage), et leur reconnaissance ensuite comme ayant une origine légitime du Mercosur. Cette approche est plus souple que les politiques « fil vers l’avant » observées dans d’autres accords, comme le TPP, qui exigent un contrôle plus strict de la chaîne d’origine. Par conséquent, les marchés de l’UE peuvent voir une concurrence accrue de produits dont la véritable valeur ajoutée se situe en dehors du Mercosur, mais qui respectent légalement l’origine via des étapes de transformation minimales locales.
  3. Arbitrage administratif – Dynamiques de conformité :
    Les entreprises évaluent la charge administrative liée au respect des RoO par rapport aux économies de droits de douane. Si les règles sont trop complexes ou coûteuses, certaines entreprises peuvent paradoxalement renoncer à l’accès préférentiel, préférant payer le tarif MFN standard. Cependant, des procédures simplifiées ou ambiguës peuvent encourager la déviation commerciale, car il est moins coûteux pour les entreprises de se conformer à des règles locales flexibles que d’approvisionner des intrants préférentiels plus chers ou de payer des droits plus élevés. Ainsi, les RoO non seulement orientent les flux commerciaux vers ou en dehors de la zone préférentielle, mais favorisent aussi involontairement de nouveaux canaux économiques exploités par les concurrents.

En fin de compte, bien que les règles d’origine soient conçues pour prévenir la déviation, une tension persistante demeure : des exigences trop strictes peuvent freiner les échanges bénéfiques, tandis que des règles flexibles—comme celles permettant la double transformation—peuvent ouvrir la voie à une concurrence étrangère indirecte. Ce paradoxe complique le rôle de l’EUMPA en tant que rempart contre la fragmentation, facilitant potentiellement, plutôt que freinant, les gains de parts de marché des rivaux.

BRICS, la Chine, et la réorientation du Mercosur

L’arrivée des BRICS et la poussée agressive de la Chine sur les marchés latino-américains ont fondamentalement modifié la stratégie du Mercosur. De 2004 à 2016, la stagnation des négociations avec l’UE a coïncidé avec un boom des matières premières porté par la forte demande chinoise. Les pays du Mercosur ont profité du commerce direct avec la Chine, réorientant rapidement leurs exportations — passant de seulement 4 % en 1997 à 25 % des exportations extra-Mercosur en 2017 — faisant de la Chine la principale destination d’exportation du Mercosur en 2023. La Chine a également accordé d’énormes crédits et investissements (136 milliards de dollars depuis 2005), renforçant ainsi son influence économique dans la région.

Ce nouvel alignement ‘ sud-sud ‘ signifiait que le Mercosur pouvait réaliser une croissance commerciale et des revenus sans accepter les douloureuses réformes structurelles exigées par les normes de l’UE. Le bloc a adopté des politiques protectionnistes et s’est davantage concentré sur l’exportation de matières premières brutes, ancrant ainsi sa dépendance économique à la consommation chinoise.

Signification atténuée et stratégie de couverture

Avec la Chine désormais ancrée économiquement dans la région, la promesse économique de l’EUMPA semble relativement mineure — les prévisions suggèrent un gain de PIB de seulement 0,3 %, et les quotas gérés limitent la croissance des exportations agricoles. Les exigences réglementaires — telles que normes du travail, environnementales et commerciales — compliquent davantage l’alignement, d’autant plus que le membre principal du Mercosur, le Brésil, privilégie les accords flexibles et non contraignants des BRICS aux engagements juridiquement contraignants de l’UE.

Néanmoins, le Mercosur utilise désormais l’EUMPA comme un filet stratégique. Les dirigeants cherchent à obtenir un levier et une diversification pour éviter une dépendance excessive à la Chine et préserver leur autonomie. L’accord offre un partenariat alternatif, bien que son importance soit atténuée à mesure que les divisions internes du Mercosur s’élargissent—la récente poussée de l’Uruguay pour un accord de libre-échange direct avec la Chine menace l’unité du bloc.

En conclusion, alors que l’EUMPA avait autrefois une importance existentielle pour la survie institutionnelle et économique du Mercosur, l’ère des BRICS et de la domination économique chinoise a relégué son rôle à une assurance stratégique, aidant le Mercosur à gérer des dépendances asymétriques et à préserver un certain degré d’autonomie dans un monde multipolaire.

Ces dangers, combinés à une opposition interne féroce, alimentent directement les obstacles pratiques et redoutables auxquels l’accord est désormais confronté dans le processus de ratification.

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5. Naviguer dans le labyrinthe de la ratification  

5.1. Une Union divisée : prises de position des États membres  

L’accord ne bénéficie pas de l’appui universel au sein de l’Union européenne ; au contraire, il a révélé une fracture claire entre les États membres aux priorités économiques et politiques concurrentes.

  • Opposition vocale : Un bloc de pays a publiquement exprimé une forte opposition ou de profondes réserves. La France, soutenue par son puissant lobby agricole, a été la critique la plus en vue, invoquant des inquiétudes concernant la concurrence déloyale pour ses agriculteurs et des normes environnementales insuffisantes. Elle est rejointe par la Pologne, la Lituanie et l’Autriche, tous principalement motivés par la nécessité de protéger leurs secteurs agricoles domestiques.
  • Soutien prudent : De l’autre côté, certains États membres ont exprimé leur soutien à l’accord. La Lettonie, par exemple, a publiquement affirmé qu’elle bénéficierait des nouvelles opportunités commerciales créées par l’accord, soulignant les gains potentiels pour ses industries orientées vers l’exportation.

5.2. Le parcours procédural et les manœuvres politiques

Le chemin vers la ratification est semé de complexités procédurales, et la Commission européenne envisagerait des manœuvres stratégiques pour surmonter les blocages potentiels.

  • Procédure standard pour un accord « mixte » : Parce que l’accord de partenariat couvre des domaines relevant à la fois de la compétence exclusive de l’UE (comme le commerce) et de la compétence partagée avec les États membres (comme la coopération politique), il est considéré comme un accord « mixte ». La procédure standard pour un tel accord exige l’unanimité au sein du Conseil, ce qui signifie qu’un seul État membre peut exercer un droit de veto. Ensuite, l’accord doit être ratifié par les 27 parlements nationaux (et dans certains cas, régionaux).
  • La stratégie du « fractionnement » : Pour contourner le risque d’un veto national, la Commission européenne peut tenter de « fractionner » l’accord en deux textes juridiques distincts. Cette stratégie isolerait les éléments « uniquement commerciaux », qui relèvent de la compétence exclusive de l’UE, des aspects politiques et de coopération. La partie commerciale pourrait alors être adoptée par un vote à la majorité qualifiée (VMQ) au Conseil, suivi du consentement du Parlement européen. Cela mettrait effectivement les parlements nationaux de côté sur les dispositions commerciales centrales et empêcherait un seul pays de bloquer l’ensemble de l’accord.
  • Défis juridiques et parlementaires : Même avec cette stratégie, l’accord fait face à d’autres obstacles. Un groupe de députés européens pourrait tenter de bloquer l’accord, et l’affaire pourrait être portée devant la Cour de justice européenne pour statuer sur la légalité de la procédure de fractionnement, une démarche qui entraînerait de nouveaux retards importants et des incertitudes.

Le parcours long et tortueux de l’accord UE-Mercosur est plus qu’un simple défi politique ; c’est un symptôme puissant d’un problème structurel profond dans la conception institutionnelle même de l’Union européenne.

La bataille autour de l’accord de partenariat UE-Mercosur (EUMPA) n’est pas seulement une querelle commerciale ; c’est un problème politique brutal, opposant des géants industriels à des puissances agricoles et révélant l’incapacité institutionnelle de l’UE à agir avec décision. Les deux coalitions adverses s’affrontent autour de valeurs fondamentales — nécessité géopolitique contre protectionnisme interne — laissant un petit groupe d’États pivot décider du sort de cet accord vieux de 25 ans.

La bataille pour la ratification dépend du vote du Conseil sur les dispositions commerciales qui, par une manœuvre connue sous le nom de « scission » de l’accord mixte, requiert une majorité qualifiée (MQ) : 55 % des États membres, représentant au moins 65 % de la population totale de l’UE. Les opposants doivent rassembler au moins quatre pays représentant 35 % de la population pour former une minorité de blocage.

La coalition en faveur de l’accord : puissance industrielle et nécessité géopolitique

Le camp du « Oui » est motivé par le besoin urgent de l’Europe en autonomie stratégique, accès aux marchés et contrepoids définitif face à ses rivaux tels que la Chine et les États-Unis. Ces partisans privilégient la libéralisation du commerce industriel et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en matières premières critiques.

PaysMotivation du soutien
AllemagneLe soutien le plus fervent, porté par ses immenses secteurs automobile, machinisme et chimique. L’Allemagne considère l’accord comme essentiel pour éliminer progressivement les tarifs élevés du Mercosur (jusqu’à 35 % sur les voitures) et protéger sa part de marché face à la concurrence agressive chinoise des véhicules électriques (VE).
EspagneSoutient fortement l’accord en raison des gains attendus pour ses industries manufacturière, chimique et pharmaceutique. L’Espagne est également engagée idéologiquement à approfondir les liens avec l’Amérique latine.
PortugalInscrit parmi les pays favorables à la ratification.
LettonieA exprimé son soutien à l’accord.
Autres partisansSuède, Danemark et Tchéquie sont généralement comptés parmi ceux qui favorisent l’accord pour ses avantages en matière de libre-échange et de géopolitique.
Pression des entreprisesLes grands lobbies industriels, y compris BusinessEurope, et des géants comme Bayer et BASF, poussent activement pour cet accord, en privilégiant « l’économie » plutôt que les préoccupations de durabilité afin de protéger des secteurs clés comme les pesticides, l’automobile et la chimie.

La coalition anti-accord : l’insurrection agricole

L’opposition est forte, très localisée, et alimentée par le symbolisme politique puissant de la protection des normes agricoles nationales et des moyens de subsistance. Ces pays exercent la menace de veto pour obtenir des garanties protectionnistes.

PaysJustification de l’opposition
FranceMène la « forte opposition ». L’opposition française est « existentielle », motivée par la crainte qu’une arrivée massive de bœuf, volaille, sucre et biocarburants sud-américains moins chers ne décime son puissant secteur agricole. La France souligne également les préoccupations liées à la déforestation et aux normes environnementales moins strictes du Mercosur.
PologneOpposant ferme, principalement pour protéger ses massifs secteurs de la volaille et du sucre contre une « concurrence déloyale ». L’opposition polonaise, souvent amplifiée par les protestations des agriculteurs contre les « diktats de Bruxelles », constitue un élément clé du calcul du blocage.
IrlandeS’oppose à l’accord pour protéger ses industries agricoles clés, particulièrement la production de bœuf, étant donné son statut de cinquième plus grand exportateur de bœuf dans le monde. L’Irlande considère l’accord comme une menace pour les normes et la compétitivité nationales.
AutricheOpposée de façon constante, le Parlement autrichien ayant voté précédemment pour rejeter le projet d’accord, obligeant de fait le gouvernement à opposer son veto au pacte au niveau de l’UE. L’opposition porte sur des préoccupations environnementales et agricoles.
LituanieA publiquement exprimé son opposition à l’accord, invoquant des inquiétudes concernant la concurrence agricole déloyale.

Les États clés décisifs : Le calcul de la ratification

Le sort de l’accord dépend d’une poignée de nations hésitantes, dont les divisions internes ou les demandes transactionnelles déterminent si le seuil de blocage de 35 % est atteint.

Italie (Environ 13 % de la population de l’UE)

L’Italie est l’état clé principal, détenant les ‘clés du royaume’. La position du pays est décrite comme ‘mixe’.

Conflit interne : Alors que les secteurs industriels (comme l’automobile, l’ingénierie et la mode) ont à gagner, le puissant secteur agricole italien, notamment les producteurs de produits à indication géographique comme le parmesan, s’oppose fermement à la concurrence.

Le calcul du blocage : Si l’Italie rejoint l’opposition ferme (France et Pologne), ils forment facilement une minorité de blocage.

La voie transactionnelle : L’Italie a indiqué qu’elle pourrait se diriger vers le camp du ‘Oui’ si certaines conditions sont remplies, notamment en exigeant des garanties spécifiques pour les aliments régionaux italiens sensibles et un Fonds de Compensation solide pour les agriculteurs européens. Des signaux récents indiquent que les responsables italiens ont exprimé leur satisfaction envers ces nouvelles garanties, suggérant que les concessions de la Commission pourraient porter leurs fruits.

États membres hésitants (Abstentionnistes potentiels)

Plusieurs pays ont exprimé de profondes réserves mais ne se sont pas engagés dans un ‘Non’ définitif. Leur position est cruciale car les abstentions comptent comme des votes contre le seuil de la majorité qualifiée.

Belgique et Pays-Bas : Les deux pays ont exprimé des réserves mais pas une opposition formelle. Le Parlement des Pays-Bas a auparavant voté contre l’accord.

• Roumanie : A exprimé des réserves et pourrait choisir de s’abstenir.

Si la France, la Pologne et l’Irlande ne parviennent pas à obtenir le vote décisif de l’Italie, elles doivent compter sur plusieurs petits pays qui s’abstiennent ou votent « Non » pour atteindre le seuil de 35 % de la population.

Levier de la Pologne : Politique transactionnelle

Bien que la Pologne soit considérée comme opposante, sa taille (environ 8 % de la population de l’UE) lui confère un levier considérable. La Pologne est stratégiquement positionnée pour exploiter son opposition afin d’obtenir des concessions dans des domaines sans lien avec le Mercosur, comme des conditions favorables dans les prochains plans stratégiques de la Politique Agricole Commune (PAC) ou potentiellement en liant son soutien éventuel à une aide liée à l’Ukraine ou à une protection militaire renforcée contre la Russie.

En fin de compte, le processus de ratification est devenu un exercice à hauts enjeux de politique transactionnelle. La Commission travaille à démobiliser les États hésitants en offrant des concessions en échange de la majorité nécessaire, en donnant ainsi la priorité à la « nécessité géopolitique » de l’EUMPA sur les objections démocratiques soulevées par les parlements nationaux.

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6. Une analyse contrefactuelle : l’opportunité manquée de 2015 et l’argument pour une Europe fédérale

6.1. L’hypothèse de 2015 : une Union plus stratégique

Une analyse contrefactuelle suggère fortement qu’un accord conclu vers 2015 aurait été bien plus stratégiquement avantageux pour l’Union européenne. Si l’UE avait pu agir plus rapidement et de manière plus unie, elle aurait pu consolider sa position en tant que principal partenaire commercial, d’investissement et financier du Mercosur avant que l’influence économique de la Chine dans la région n’atteigne son apogée. Un accord conclu en temps opportun aurait placé l’UE dans une position plus sécurisée et dominante aujourd’hui, en ce qui concerne l’accès aux matières premières critiques, aux nouvelles sources d’énergie et aux marchés consommateurs en expansion, anticipant efficacement une avancée stratégique clé d’un rival mondial.

6.2. La Cause Fondamentale : Un Déficit Structurel dans la Gouvernance de l’UE  

La lenteur de l’UE dans les domaines géopolitiques et commerciaux n’est pas accidentelle ; c’est une conséquence directe de sa conception institutionnelle fondatrice. La structure actuelle de gouvernance à plusieurs niveaux de l’UE repose sur la doctrine de la « souveraineté partagée », qui crée des conflits institutionnels inhérents. En effet, la « souveraineté partagée » implique une diffusion du pouvoir à travers plusieurs niveaux et acteurs sans aucune hiérarchie entre les revendications de souveraineté qui permettrait de contenir les conflits entre eux.

De manière cruciale, l’exigence persistante de la unanimité pour les décisions clés de politique étrangère et la ratification des traités internationaux engendre un système sujet à la paralysie.

Cela permet aux préoccupations politiques internes d’un seul État membre de faire échouer des initiatives stratégiques bénéfiques pour l’Union dans son ensemble. Ce système de prise de décision intergouvernementale, où les intérêts nationaux de 27 membres doivent être minutieusement alignés, contraste fortement avec l’agilité des États souverains et contribue au « déficit démocratique » perçu de l’UE ainsi qu’à son incapacité à réagir rapidement aux opportunités et menaces mondiales.

6.3. La Solution Fédérale : Un Argument en Faveur d’une Action Décisive  

Le parcours difficile de l’accord UE-Mercosur n’est pas un échec isolé, mais une illustration d’un problème systémique qui nécessite une réforme institutionnelle plus profonde vers un modèle plus fédéral. Une hypothétique Europe Fédérale, dotée de compétences claires et exclusives en matière de politique étrangère et commerciale, d’un exécutif unifié, et de l’usage généralisé du vote à la majorité, pourrait négocier et ratifier des accords stratégiques avec la rapidité et la détermination requises dans l’environnement concurrentiel actuel.

Cependant, la voie vers une telle structure est bloquée par un « paradoxe de souveraineté » fondamental : ce sont précisément les élites nationales qui devraient céder du pouvoir qui doivent unanimement accepter une réforme diminuant leur propre statut constitutionnel, rendant ainsi une transition fédérale complète politiquement improbable dans les conditions actuelles.

Sans réformes fondamentales qui l’amènent plus près de ce modèle fédéral, l’Union européenne restera exposée au risque de manquer des opportunités stratégiques, de réagir trop lentement aux évolutions géopolitiques, et de céder de l’influence à des rivaux mondiaux plus agiles et déterminés. L’histoire UE-Mercosur doit donc être considérée comme un avertissement : dans un monde qui ne fait pas de pause, la paralysie institutionnelle constitue une menace directe à la prospérité et à la sécurité à long terme de l’Europe.

Sources :

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Les forces qui poussent à conclure l’accord commercial UE-Mercosur destructeur pour la planète – Friends of the Earth EuropeN/A / Friends of the Earth EuropeN/A
Le pilier commercial de l’accord de partenariat UE-MercosurCalendrier législatifGisela Grieger / Parlement européen
Aspects commerciaux de la présence de la Chine en Amérique latine et dans les Caraïbes – Parlement européenWerner Raza, Hannes Grohs (ÖFSE) / Parlement européenN/A
Aspects commerciaux de l’accord d’association UE-Mercosur – Parlement européenJan Hagemejer (CASE), Andreas Maurer (Université d’Innsbruck), Bettina Rudloff (SWP), Peter-Tobias Stoll (Université de Göttingen), Stephen Woolcock (LSE), Andréia Costa Vieira, Kristina Mensah, Katarzyna Sidło / Parlement européenN/A
Sacrifier l’industrialisation ? – Université de BostonN/A / Boston University Global Development Policy Centerwww.bu.edu/gdp
Sacrifier l’industrialisation ? Contextes et perspectives de l’accord UE-MERCOSURN/A / Centre mondial de politique de développement de l’Université de BostonN/A
Trump réduit de 10 % les droits de douane sur le bœuf, le café et les fruits du BrésilDernières nouvelles du marché – Argus MediaN/A / Groupe Argus Media
LIBÉRER LE POTENTIEL ÉCONOMIQUE ET GÉOPOLITIQUE DE L’ACCORD COMMERCIAL UE-MERCOSURFGV EuropeMariana Fleischhauer Corrêa Da Costa, Pietro Regazzoni / FGV Europe
Appel unifié des organisations d’agriculteurs et de travailleurs agricoles de l’UE pour s’opposer à l’accord commercial UE-Mercosur – Coordination européenne Via CampesinaN/A / Coordination européenne Via Campesina (ECVC)N/A
VF_Aperçus clés de l’accord final UE-Mercosur Jan 2025N/AN/A
Quelles sont les implications de l’accord de libre-échange UE-Mercosur ?N/A / Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS)N/A
Quelles sont les implications de l’accord de libre-échange UE-Mercosur ? – CSISN/A / Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS)N/A
Que peut nous apprendre le fédéralisme sur l’Union européenne ? – Chatham HouseN/A / Royal Institute of International Affairs (Chatham House)N/A
Pourquoi le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine ont-ils besoin des BRICS ?Alexander Gabuev, Andrey Movchan, Petr Topychkanov, Sergei Vasiliev / Centre Carnegie Russie EurasieN/A
Pourquoi la France doit réévaluer l’accord UE-Mercosur – Centre européen de politiqueN/A / Centre européen de politiqueN/A
Rapport mondial sur l’investissement 2025 : investissement international … – CNUCEDN/A / Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED)https://shop.un.org
Guide du système généralisé de préférences (SGP) des États-UnisN/AN/A

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